Une semaine après la présentation de son "pacte présidentiel", terni par de nouveaux remous de campagne, Ségolène Royal doit franchir lundi 19 janvier un obstacle sur la route de l'Elysée avec l'émission de TF1 "J'ai une question à vous poser".
L'agenda de la candidate socialiste à la présidentielle prévoit également deux discours: mardi, lors du premier "meeting national" de sa campagne à Rennes, puis samedi dans la banlieue de Rouen aux côtés de Laurent Fabius.
Entre les deux, la présidente de Poitou-Charentes effectuera un déplacement au pas de course en Basse-Normandie.
La semaine écoulée avait été placée sous le signe de l'éducation; le discours de Rennes sera centré sur le thème de l'emploi et la visite en Basse-Normandie devrait lui permettre d'aller à la rencontre d'ouvriers dans des usines.
Son entourage réfute cependant toute campagne par "semaines thématiques", dérivées des "déplacements thématiques" du candidat Jospin en 2002, mais se félicite de l'idée de "sillonner deux/trois départements" en une seule journée pour augmenter l'exposition médiatique.
Ségolène Royal sera lundi face à cent Français sélectionnés par la Sofres interrogeant la candidate sous la houlette de Patrick Poivre d'Arvor.
"C'est plutôt un genre d'émission qui convient bien (à Ségolène Royal) parce que c'est un échange direct avec les gens", a fait valoir jeudi son co-directeur de campagne Jean-Louis Bianco lors d'une rencontre avec les journalistes à l'Assemblée nationale.
La première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée prépare l'émission "comme toujours de manière très précise et très sérieuse en travaillant sur toute une série de thèmes", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy avait inauguré la formule au début du mois par une solide prestation, fixant le mètre étalon d'audience à plus de huit millions de téléspectateurs.
Au Parti socialiste, après les critiques de la droite sur le coût budgétaire du programme, on relativise par avance cette nouvelle bataille de chiffres et cette comparaison d'audimat en arguant des vacances scolaires d'hiver de nombreuses académies, dont celle de Paris.
Infusion
Avant ce rendez-vous, Ségolène Royal n'avait aucun engagement officiel pendant deux jours. "Même les candidats ont droit à un week-end privé de temps en temps", souligne-t-on sans plus de détails dans l'équipe ségoléniste après une semaine marquée par de nouvelles turbulences - cafouillage entourant la parution d'une tribune sur la politique africaine et déplacement houleux dans l'Essonne sur le thème du sport. "Des loupés dont on aurait pu se passer", a reconnu Jean-Louis Bianco.
Mercredi, le Parti socialiste s'est retrouvé à nouveau dans la tourmente avec l'annonce de la démission d'Eric Besson, "péché d'orgueil" pour les uns, "signe révélateur" de la désorganisation ambiante pour les autres.
Pièce maîtresse du dispositif de chiffrage du projet présidentiel, le secrétaire national à l'Economie a fait savoir qu'il tiendrait une conférence de presse en milieu de semaine pour exposer sa version des faits.
En pleine "période d'infusion" des cent propositions de Villepinte, les "éléphants" refusent pour l'instant de se prononcer sur les sondages qui restent en berne et attendent les remontées du tractage sur les marchés et dans les permanences pendant le week-end.
Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche, 79% des Français estiment que la présidentielle n'est pas jouée mais la dernière étude sur les intentions de vote - CSA pour Le Parisien et i-Télé - a atteint un niveau jusqu'alors jamais égalé: au deuxième tour, Nicolas Sarkozy l'emporterait avec 55% des voix.
Désormais doté d'un programme, le PS n'a donc "plus une seconde à perdre", souligne un ancien ministre pour qui il ne reste pas 64 jours de campagne mais "50 utiles".
La campagne officielle, qui doit débuter le 22 mars, ayant un "effet aplanissant", il vaudrait mieux que les "grands mouvements de masse aient lieu avant".
(c) Reuters, 18/02/2007
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